
La douleur fait partie de la vie, mais elle n'a pas toujours la même signification.
Elle peut être utile (comme une alarme qui nous protège) ou persistante et épuisante lorsqu'elle devient chronique.
Mais alors, pourquoi avons-nous mal ? Et surtout, que se passe-t-il dans notre système nerveux quand la douleur s'installe ?
La douleur n'est pas qu'une réaction mécanique à une blessure.
C'est une expérience sensorielle et émotionnelle , produite par le cerveau à partir d'informations corporelles, contextuelles et émotionnelles.
Autrement dit :
on peut avoir mal sans qu'il y ait de lésion active,
et à l'inverse, une lésion peut exister sans douleur associée .
Les chercheurs distinguent aujourd'hui trois grands mécanismes de la douleur. Comprendre à quel type elle appartient aide à mieux la gérer.
C'est une alarme justifiée. Un tissu est lésé, entorse, brûlure, inflammation et les capteurs de la douleur (nocicepteurs) informent le système nerveux.
Quand le tissu guérit, la douleur s'éteint.
Exemples :arthrose, tendinite, blessure musculaire.
Image simple : le détecteur de fumée sonne parce qu'il y a vraiment de la fumée.
Ici, le problème vient du nerf lui-même . Il est irrité ou abîmé et envoie des signaux douloureux même sans danger réel.
Exemples :sciatique, zona, neuropathie diabétique.
Sensations typiques :brûlures, décharges, picotements.
Image : le fil électrique est abîmé et transmet de faux signaux.
Lorsque la douleur persiste sans qu'on retrouve de lésion claire, le système nerveux peut devenir hypersensible . Il continue d'interpréter certains signaux comme menaçants, même s'ils sont anodins.
Exemples :fibromyalgie, migraines chroniques, lombalgies persistantes, douleurs pelviennes ou endométrioses.
Image : le détecteur de fumée se déclenche pour une simple bougie.
La sensibilisation centrale est souvent citée pour expliquer les douleurs chroniques, mais son usage mérite nuance.
Le neurophysiologiste Clifford Woolf a découvert ce phénomène chez l'animal à la fin des années 1980.
En appliquant un stimulus nocif important à des rats, il a observé une hypersensibilité étendue : la zone douloureuse s'élargissait, même au-delà de la lésion initiale.
Woolf a nommé cela sensibilisation centrale , car ces changements se produisaient dans la moelle épinière , et non dans les tissus.
Des cliniciens (comme Louis Gifford ou David Butler) ont ensuite transposé ce concept à l'humain pour expliquer certaines douleurs diffuses sans cause visible.
Mais cette extrapolation reste prudente : nous ne pouvons pas observer directement les mêmes mécanismes dans le cerveau humain.
Chez l'animal, on peut mesurer les changements neuronaux précis.
Chez l'humain, il n'existe aucun marqueur objectif direct.
Les signes que l'on observe (douleur diffuse, fatigue, hypersensibilités) sont des indications indirectes , pas des preuves.
Les questionnaires de « sensibilisation centrale » peuvent aider à repérer les douleurs complexes, mais ils ne prouvent pas un mécanisme unique.
En pratique, il est souvent plus juste de parler de “sensibilité augmentée” plutôt que de « sensibilisation centrale ».
Cela évite les étiquettes inutiles tout en reconnaissant que le système nerveux fonctionne différemment .
Ce n'est pas un diagnostic , mais un modèle explicatif.
Le concept aide à mieux comprendre pourquoi la douleur peut devenir autonome, mais il ne dit pas tout.
Ce qui compte en clinique, c'est la personne , son contexte, son sommeil, ses émotions, son stress et sa mobilité.
En somme, la sensibilisation centrale n'explique pas tout , mais elle nous aide à penser différemment la douleur chronique , comme un phénomène système , pas un simple problème local.
Notre cerveau décide en permanence s'il perçoit du danger ou de la sécurité.
Le stress chronique, la fatigue, la peur du mouvement, ou l'inquiétude médicale augmentent l'alerte, donc la douleur.
Ce n'est pas "dans la tête", mais bien dans la régulation du système nerveux .
La bonne nouvelle :le système nerveux est plastique, donc réversible.
Autrement dit, un système qui a appris la douleur peut apprendre à moins réagir .
Les stratégies les plus efficaces pour apaiser un système hypersensible :
Remettre du mouvement progressif et sécurisant.
Réduire le stress et restaurer la qualité du sommeil.
Favoriser la respiration, la détente, le repos.
Comprendre ce qui se passe , pour redonner confiance au cerveau.
Petit à petit, le corps réapprend que le danger est passé .
En ostéopathie, l'objectif n'est pas « d'éteindre » la douleur de force, mais d'accompagner le corps pour qu'il retrouve une meilleure régulation de son système d'alarme.
Notre travail peut agir sur plusieurs plans, selon chaque personne :
Mécanique : à améliorer le mouvement des tissus et chercher à réduire certaines contraintes articulaires ou musculaires.
Neurophysiologique : des travaux réalisés montrent que le traitement manuel peut influencer la manière dont le système nerveux module la douleur et l'équilibre du système autonome (en favoriser des réponses de détente, de repos, de récupération).
Émotionnel et adaptatif : le toucher, la relation thérapeutique et le cadre de soin peuvent contribuer à diminuer la tension et renforcer le sentiment de sécurité, ce qui joue un rôle dans la perception de la douleur.
Pédagogique : expliquer ce qui se passe, relier la douleur au contexte de vie et aux capacités d'adaptation du corps aide à redonner du sens et du contrôle.
Ce travail progressif, intégré au parcours de soin global, peut aider certaines personnes à retrouver davantage de mobilité, de confiance et de sérénité dans leur relation à la douleur.
La douleur est un signal protecteur, mais elle peut devenir autonome.
La sensibilisation centrale explique une partie du phénomène, mais pas tout.
Chaque douleur est unique et dépend de la fois du corps, du stress, du contexte et des émotions vécues.
L'ostéopathie accompagne cette adaptation en douceur pour rétablir l'équilibre du système nerveux et du corps dans son ensemble.

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